du pardon ...
pour continuer après les réactions (sur FB) à propos de l'Amour universel sur l'article à propos de la liberté et de l'Amour, voici quelques réflexions et articles sur le pardon. Il peut être important de pardonner, de "lâcher prise", pour se libérer soi et éventuellement l'autre. Mais je l'ai dit, ce n'est pas pour autant qu'on veuille ou puisse même conserver la relation. Toute relation est basée sur la confiance. Une fois qu'elle est vraiment brisée, la relation n'est plus possible ni même souhaitable ... ce qui n'empêche d'avoir pardonné
Il y a encore beaucoup à en dire notamment sur sa propre responsabilité dans chaque évènement qui vous arrive ou de ce que nous avons à en apprendre sur nous-même. Cela fera l'objet d'un prochain article.
voici un extrait d'un texte de Sophie Merle, thérapeute en psychologie énergétique et d'Alice Miller, spécialiste des traitements de l'abus et maltraitance à l'enfant.
Car Alice Miller nous dit que le pardon et ces injonctions morales ne servent qu’à masquer la réalité, car notre corps ne se laisse pas leurrer, il connait nos véritables sentiments et les sentiments ne s’éprouvent pas sur commande, une injonction morale ne peut faire naître un sentiment que l’on n'éprouve pas. Ce commandement nous pousse donc à nous trahir nous même, ce qui conduit inévitablement à des souffrances.
Ce 4ème commandement nous demande de pardonner à nos parents et nous interdit de voir ce qu’ils font subir à l’enfant « pour son bien », mais cette aveuglement à un prix qui se paye par des souffrances à l’âge adulte. Cette morale traditionnelle est dangereuse car elle nous force à réprimer nos sentiments qui permettent l’accès à qui nous sommes vraiment. L’ordre derrière ce commandement est « Tu ne t’apercevras de rien », car pour ne pas accuser nos parents, nous devons nous interdire de nous apercevoir de ce qu’ils font subir à l’enfant.
Dans une interview sur son site officiel, « La cruauté s’apprend dans l’enfance » , elle nous dit au sujet du 4ème commandement:
« Vous avez établi que le respect du quatrième commandement (“tu honoreras ton père et ta mère”) par l’enfant nuit à une vie émotionnelle saine. Voilà qui doit choquer bien des gens. Comment avez-vous découvert que cette “injonction solennelle” n’a en fait pas d’autre fonction que la manipulation et l’asservissement de l’enfant ?
Ce n’est pas à l’enfant que le quatrième commandement nuit, mais plus tard à l’adulte. Tous les enfants aiment leurs parents et n’ont nul besoin d’un commandement pour leur dire de le faire. Mais quand nous devenons adultes et que nous réalisons que notre amour a été exploité et qu’on a abusé de nous, nous devrions être capables de percevoir nos sentiments véritables, y compris la rage, et rien ne devrait nous obliger à continuer à aimer des parents qui ont été cruels envers nous. La plupart des gens ont peur de ces sentiments “négatifs” à l’égard de leurs parents, c’est pourquoi ils se défoulent sur leurs enfants et perpétuent de cette façon le cycle de la violence. C’est là que je situe les effets destructeurs du quatrième commandement. Et comme il n’existe toujours pas de commandement ni de loi qui interdirait aux parents de décharger leur colère sur leur progéniture, rien ne s’oppose à ce que le comportement parental le plus brutal continue de porter le nom d’”éducation”.
Vous allez jusqu’à affirmer que le quatrième commandement est la cause de maladies physiques. Comment en arrivez-vous là ? En a-t-il été ainsi pour vous personnellement ?
C’est la répression des sentiments authentiques qui nous rend malades. Nous les réprimons par peur. La peur inconsciente que ressent l’enfant confronté à des parents violents peut nous accompagner toute notre vie si nous en restons au stade du déni pour refuser de nous confronter à elle.
Nous considérons comme une évidence que les parents “aiment” leurs enfants. Malheureusement, ce n’est bien souvent rien de plus qu’un mythe. Peut-on parler d’amour parental si les parents ne “corrigent” leurs enfants qu’occasionnellement ?
Comme parents nous devrions savoir que toute forme de violence éducative, aussi bien intentionnée soit-elle, tue l’amour. »
Cette morale traditionnelle et répandue nous empêche d’avoir accès à nos véritables sentiments que le corps connait, le corps ne peut accepter ces mensonges qui nous rendent malades et tente de nous montrer notre propre vérité.
Elle explique que notre corps connait la vérité et que les injonctions morales ne servent à rien si l’on ne connait pas la vérité sur notre enfance, si l’on a pas l’expérience de tels sentiments dans notre propre enfance. En d’autres termes, prêcher l’amour de notre prochain ne sert à rien si nous n’avons pas été aimés, les sentiments ne peuvent naitre sur commande. Elle nous explique aussi que ces injonctions morales ne servent à rien, car tout enfant aimé, respecté, respectera ses parents, elle nous l’explique dans cette même interview.
« A votre avis, comment naissent la morale et l’éthique ? Pourquoi quelqu’un devient-il (im)moral ?
Un individu n’accède jamais à la morale grâce aux sermons qu’on peut lui faire, il acquiert des valeurs éthiques uniquement par le biais de l’expérience. Personne ne vient au monde méchant. Il est ridicule de penser, comme on le pensait au Moyen Age, que le diable enverrait un enfant méchant dans une famille, qui aurait à le corriger en le frappant, pour qu’il puisse devenir une personne comme il faut. Un enfant maltraité deviendra plus tard à son tour un tourmenteur et très certainement aussi un parent cruel, à moins qu’il n’ait trouvé dans son enfance un témoin secourable, une personne auprès de laquelle il pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté, une expérience qui lui aurait donné une idée de ce que peut être l’amour. Un enfant qui a vécu cela ne deviendra pas un tyran, il (ou elle) sera capable de respecter les autres et d’être en empathie avec eux. Il est très significatif que dans l’enfance de tous les dictateurs que j’ai étudié, je n’aie pas trouvé ne serait-ce qu’un seul témoin secourable. Il ne resta plus alors à l’enfant qu’à magnifier la violence qu’il avait eu à subir.
L’éducation religieuse nous apprend à pardonner à nos tourmenteurs. Devrions-nous vraiment leur pardonner ? Est-ce réellement possible ?
On peut comprendre que nous voulions pardonner et oublier pour ne pas avoir à ressentir la douleur, mais c’est une voie sans issue. Il apparaît tôt ou tard que ça n’est absolument pas une solution. Prenons le cas des nombreux auteurs d’abus sexuels recensés parmi les ecclésiastiques. Ils ont pardonné à leurs parents les abus dont ceux-ci se sont rendus coupables à leur égard, que ce soit sur le plan sexuel ou qu’il s’agisse d’autres types d’abus de pouvoir. Mais que font alors beaucoup d’entre eux ? Ils répètent les “péchés “de leurs parents, justement PARCE QU’ils leur ont pardonné. Si ils étaient capables de condamner en toute conscience les actes de leurs parents, ils ne seraient pas contraints de les reproduire, de harceler et de troubler profondément des enfants en les forçant à garder le silence, comme si ce qui s’était produit était la chose la plus naturelle qui soit, et non pas un crime. C’est tout simplement eux-mêmes qu’ils trompent. Les religions peuvent exercer un pouvoir énorme sur nos esprits et nous pousser de bien des façons à nous tromper nous-mêmes. Mais elles n’ont pas la moindre influence sur notre corps, qui connaît parfaitement nos émotions vraies, et qui insiste pour que nous les respections. »
Alice Miller dénonce donc aussi la morale traditionnelle du Pardon encouragée par la tradition religieuse qui ne tient pas compte du corps qui ne se laisse pas leurrer par une telle morale, en contradiction avec ce qui s’est réellement passé, les injonctions morales n’ont pas de poids face aux faits, et à leur conséquences. Ces “moralités” nous empêchent de reconnaitre la cruauté de nos parents pour ce qu’elle est, pardonner revient à minimiser ce que nous avons subis.
Avoir accès à ces véritables sentiments est le seul moyen de connaitre notre vérité et de guérir de nos souffrances, ce qu’empêche la morale traditionelle et les injonctions comme le Pardon, qui veulent se substituer à nos véritables sentiments. C’est comme de faire passer du poison pour de l’eau et d’expliquer qu’il suffit de croire que ce n’est pas du poison pour éviter les effets nocifs du poison…
Extrait de l’article d’Alice Miller “Le corps et la morale” :
“Les personnes qui ont été aimée sans condition dans leur enfance n’ont pas à se forcer, une fois devenues adultes, pour donner à leurs parents cette même affection qu’ils ont jadis reçue. Par contre, les personnes qui ont été maltraitées et trahies en tant qu’enfant développent une haine latente, s’en prennent à leurs enfants et propagent l’opinion selon laquelle les fessées sont nécessaires et sans danger. Ils répandent ces opinions sans hésiter, bien que le contraire ait été démontré depuis longtemps. Ils font cela parce que le Quatrième Commandement leur impose de dénier les dommages qui leur ont été fait, les dommages causés à leur cerveau et à leur capacité innée à ressentir de la compassion. Malheureusement, sans cette compassion, ils sont capables de fesser leurs enfants sans pour autant ressentir leurs souffrances, et ils acceptent leur propre mutilation sans se plaindre, de sorte qu’ils puissent ” honorer leurs parents “. Ils obéissent aux commandements de leurs parents du fait d’un sentiment de respect qui découle surtout de leur attente que leurs mères et pères deviennent enfin ces parents que l’enfant attendait. En conséquence, la loyauté infantile de l’adulte associée à un discours moraliste (” J’ai mérité ces châtiments “, ” Tous les parents font parfois des erreurs “) conduit souvent à l’hypocrisie et à la violence envers des personnes innocentes. Qu’obtenons-nous en obéissant au Quatrième Commandement ? Un commandement est-il susceptible d’engendrer une compassion véritable ? Pouvons-nous dicter un sentiment d’amour à un être humain dont le corps a enregistré la violence au lieu de l’amour au cours des premières années, cruciales, de sa vie ? Nous savons qu’une telle personne réprime ses sentiments véritables au profit de la morale, ce qui souvent engendre des affections comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. En effet, nous ne pouvons nous débarrasser, une fois pour toutes, de cette haine réprimée que nous retournons souvent contre nous-mêmes, bien que nous tentions de le faire en faisant usage de la morale. C’est pourquoi il est rare que quelqu’un ait le courage de dire clairement et honnêtement : ” Je n’ai jamais reçu d’amour de ma mère et donc je ne ressens pas d’amour pour elle. En vérité, elle est une étrangère pour moi. Elle est seule et aurait peut-être besoin d’un fils aimant, mais je ne veux pas mentir pour lui donner cette illusion. Je lui dois, ainsi qu’à moi-même, la vérité que je ne peux ressentir un sentiment d’amour véritable pour elle en tant qu’adulte, parce que j’ai tellement souffert de son aveuglement en tant qu’enfant. ” Une personne osant dire cela ne mettra plus ses enfants en danger et n’aura vraisemblablement plus à craindre de maladies graves, parce qu’elle est en mesure de comprendre les messages de son corps avant qu’il ne soit trop tard.”
Le Pardon dans le domaine des thérapies est aussi dénoncé par Alice Miller, car l’on croit que c’est de ne pas pardonner aux parents, de ne pas leur obéir qui rend malade alors que c’est précisément le contraire, comme elle nous l’explique dans l’article “A Propos du Pardon ” :
“Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l’enfant martyrisé continue cependant à vivre: dans les ténèbres de l’angoisse, de la répression, de la menace. Lorsque toutes les tentatives pour amener l’adulte à écouter son histoire ont échoué, il essaie de se faire entendre par le langage des symptômes, à travers la toxicomanie, la psychose, la délinquance. Cet enfant, devenu à son tour adulte, se prend à soupçonner l’origine de ses souffrances, et demande à des spécialistes si elles ne pourraient pas être en relation avec l’enfance; on lui assure dans la plupart des cas qu’il n’en est rien. Ou, si l’on confirme son intuition, on lui explique qu’il doit apprendre à pardonner, que c’est son attitude rancunière qui le rend malade. Dans ces groupes fort connus où l’on propose une thérapie aux personnes en état de dépendance et à leurs proches, le mot d’ordre est toujours : Tu ne pourras guérir que quand tu auras pardonné à tes parents tout ce qu’ils t’ont fait. Même s’ils étaient tous les deux alcooliques, s’ils ont abusé de toi, t’ont battu, plongé dans un total désarroi, soumis à des exigences au-dessus de tes forces, exploité – tu dois tout leur pardonner, sinon tu ne pourras pas guérir. De nombreux programmes, baptisés thérapeutiques, ont pour principe d’apprendre dans un premier temps à exprimer ses sentiments et, simultanément, à tenter de voir ce que l’on a vécu dans son enfance. Mais, ensuite, il faut s’astreindre au ” travail du pardon “, prétendument nécessaire à la guérison.”
“La ” thérapie ” qui prêche le pardon dévoile par là sa position éducatrice. Et cela révèle également l’impuissance des prêcheurs de pardon, qui se baptisent étrangement thérapeutes mais devraient, ce serait plus exact, se désigner du nom de prêtres. Le résultat est, au bout du compte, la perpétuation de l’aveuglement acquis dans l’enfance, qu’une véritable thérapie aurait pu dissiper. Le patient ne cesse de s’entendre dire, jusqu’à ce qu’il le croie – et le thérapeute est alors tranquillisé: ” Ta haine te rend malade ; pour guérir, tu dois pardonner et oublier. ” Or ce n’est pas la haine, mais justement cette morale si instamment conseillée qui a, dans son enfance, plongé le patient dans ce désespoir muet et l’a finalement rendu malade, en le coupant de ses sentiments et de ses besoins. L’exhortation au pardon n’a rien à voir avec une thérapie efficace ni avec la vie. Et elle a barré à nombre de personnes cherchant de l’aide le chemin de la délivrance. Les thérapeutes sont sous l’emprise de leur propre peur, la peur de l’enfant maltraité qui redoute la vengeance de ses parents, et se laissent guider par l’espoir que, malgré tout, une bonne conduite vous permettra un jour ou l’autre d’acheter l’amour de vos parents. Cet espoir illusoire des thérapeutes, les patients le paient d’un prix élevé: recevant, en guise de ” thérapie “, des informations fausses, ils ne peuvent trouver le chemin de la délivrance. En me refusant à pardonner, je renonce à toutes les illusions. Certes, un enfant maltraité ne peut pas survivre sans ses illusions – mais un thérapeute adulte doit s’en montrer capable. Dès lors, son patient pourra se dire: ” Pourquoi devrais je pardonner, si personne ne me le demande ? Mes parents se refusent bien à savoir, à comprendre ce qu’ils m’ont infligé. Pourquoi donc devrais-je continuer à m’efforcer, par exemple à l’aide de la psychanalyse ou de l’analyse transactionnelle, de comprendre mes parents et leur enfance, et de leur pardonner ? A quoi cela peut-il servir ? Qui en sera aidé ? Cela n’aide pas mes parents à voir la vérité, et moi, cela m’empêche de vivre les sentiments qui m’ouvriraient l’accès à la vérité. Sous la cloche de verre du pardon, les sentiments n’ont ni le droit ni la possibilité de s’exprimer librement. ” Semblables réflexions ne sont hélas pas d’usage dans les milieux thérapeutiques, où le pardon a force de loi. La seule concession que l’on fait est d’établir une distinction entre vrai et faux pardon. Mais le prétendu vrai ” pardon “, reste en tout cas considéré comme l’objectif thérapeutique, et n’est jamais remis en question. J’ai demandé à beaucoup de thérapeutes pourquoi ils estiment le pardon nécessaire à la guérison, mais n’ai jamais reçu de réponse. Selon toutes apparences, ils n’avaient jamais encore remis en question cet impératif qu’ils jugeaient comme allant de soi, au même titre que les mauvais traitements connus dans leur enfance. Je ne puis m’imaginer qu’une société qui ne maltraite pas ses enfants, mais au contraire les respecte et les protège avec amour, développerait l’idéologie du pardon d’inconcevables cruautés. Cette idéologie est indissolublement liée au commandement: ” Tu ne te rendras compte de rien ” , ainsi qu’à la répétition de la maltraitance à la génération suivante, qui paie le prix fort pour le pardon auquel ont été astreints ses parents. La peur de la vengeance des parents imprègne notre ” morale “.”
Nombre de thérapeutes et de thérapies sont donc encore prisonniers de telles conceptions moralisatrices et dangereuses. Alice Miller propose même sur son site une « FAQ » (Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? ) pour aider à trouver un thérapeute qui soit vraiment une aide, libéré des préceptes moraux traditionnels de l’éducation, ce qui tranche avec l’opinion répandue que la plupart des psys sont compétents, elle nous dit le contraire, que seulement une minorités sont compétants et peuvent vraiment aider leurs patients, car peu d’entre eux ont osés remettre en question leurs propre éducation, leurs propres parents.
Articles extraits du site de Alice Miller : http://alice-miller.com/index_fr.php
et pour continuer, un très bon article qui vient du site atoi2voir
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Pardonner : un acte libérateur Tu ressens une colère dont tu ne peux pas te débarrasser, tu es stressé, énervé ? Est-ce que tu t'es déjà demandé si tu avais à pardonner quelqu'un ? Ou même à te faire pardonner ? C'est la réponse qu'avancent de nombreux sociologues et psychologues contemporains à nombre de nos maux.
Selon certains psychologues, il y aurait 2 fois moins de monde en hôpital psychiatrique si les gens se savaient pardonnés. Le pardon, celui qu'on donne et celui qu'on reçoit, est au cœur de la santé mentale de l'homme. Au Canada, les protestants ont proposé que, lors d'un procès en justice, l'offenseur rencontre la victime et qu'il y ait un échange entre eux jusqu'au moment où ils pourraient en arriver au pardon. Voici un exemple : un chauffard avait tué le fils d'une femme; le pasteur a demandé au juge qu'avant la sentence soit organisée une rencontre entre le conducteur et cette dame endeuillée de son fils. La mère a accepté de voir le chauffard. Cela s'est fait de manière très graduelle, tout d'abord à travers des vidéo-cassettes et un jour, dans une même salle, cette mère de famille éplorée a rencontré le chauffard. Lorsque l'homme a compris la peine qu'il avait causée à cette femme, il a fondu en larmes. La mère a été prise de sympathie pour cet offenseur et elle a demandé qu'on réduise la sentence, ce qui a été accordé par le juge. Imaginez ce qui arriverait si, dans notre système judiciaire, on arrivait à introduire le pardon. Punir seulement les personnes ne les guérit pas, ne les aide pas à se réhabiliter, ni ne les aide à revenir dans la société. Souvent les prisonniers à leur sortie du pénitencier sont ulcérés et prêts à récidiver. Aux Etats-Unis, un groupe de chercheurs a découvert qu'une « éducation du pardon » pouvait aider des étudiants qui avaient manqué d'attention et d'amour de la part de leurs parents et qui en souffraient psychologiquement. La valeur de soi, l'espoir, augmentaient, alors que diminuait leur anxiété. En Afrique du Sud, il y a eu une commission "Vérité et Réconciliation" devant laquelle environ 15.000 victimes se sont présentées devant leurs bourreaux pour parler des injustices et des tortures qu'elles avaient subies. Plus de 5.000 tortionnaires étaient présents. Ils ont admis leurs crimes et ont été amnistiés. C'est la première fois dans l'Histoire que le pardon a été établi à un niveau national. Il y a là quelque chose d'extraordinaire. C'était l'évêque Desmond Tutu qui était derrière cette initiative. Il est convaincu que si on ne se pardonne pas, on va se détruire mutuellement et c'en sera la fin de l'existence humaine. Le pardon devrait être l'acte par excellence du chrétien, à cause de l'insistance avec laquelle le Christ en a parlé. Dans d'autres religions, on va parler de pardon, mais jamais avec un tel radicalisme. Lorsque Pierre a demandé à Jésus : "est-ce qu'on doit pardonner jusqu'à sept fois ?", Jésus ne dit pas sept fois mais soixante-dix fois sept fois (Evangile de Matthieu ch. 18 v. 21-22). Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait calculer 490 fois ? Non. Jésus n'avait pas en vue une comptabilité précise. Par ce chiffre symbolique, il voulait nous inviter à développer une attitude de pardon continuelle, qu'on en arrive à ce que ce soit notre première réaction devant une blessure, une offense qui nous a été faite.
Quelles sont nos options si nous ne pardonnons pas ?
La première option qui se présente, c'est la vengeance. La vengeance est quelque chose de très naturel car elle vient d'une sorte d'instinct de justice. Tu m'as fait mal ; je vais te faire mal de la même façon. Les Juifs ont voulu qu'il y ait une sorte de modération dans la vengeance et ils ont créé la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent. Si tu me crèves un oeil, je vais devoir te crever un oeil, mais je n'irai pas plus loin. C'est la loi des équivalences pour ne pas aller dans l'exagération de la vengeance. |
Le danger de la vengeance, c'est la spirale de violence qu'elle engendre. On se demande pourquoi certains peuples se battent depuis parfois des siècles. La réalité c'est qu'un peuple a attaqué un autre et l'a humilié. Il existe alors ce qu'on appelle une mémoire collective. On se raconte de génération en génération les outrages faits par les "ennemis" et l'on entretient la haine. Parfois même l'identité nationale est basée sur les tortures, les humiliations, les guerres qui ont été faites.
Il y a des personnes qui disent " je ne me vengerai pas, mais je n'oublierai jamais !". Elles développent en elles une sorte de ressentiment. Ressentir, c'est sentir deux fois. Elles se rappellent l'offense et elles sentent toute l'agressivité qu'elles ont dans leur intérieur. Certains peuvent entretenir une rancune pendant plusieurs années. Mais sous couvert d'être plus acceptable cette attitude n'est qu'un autre type de vengeance : une vengeance passive, dont on parle peu. Souvent en effet, quand on parle de vengeance, on pense à quelque chose d'actif : faire mal à l'autre. Mais arrêter de faire en sorte que les autres soient heureux, arrêter de créer de la vie, c'est une manière de se venger des autres. Si l'on ne pardonne pas et si l'on maintient en soi un ressentiment, on vit un stress continuel. Le ressentiment, c'est le pire sentiment que vous pouvez vivre. Il peut être à l'origine de l'hypertension, de l'arthrite et même de certains cancers. C'est tellement vrai qu'il y a une clinique de cancérologie aux Etats-Unis où les médecins se sont aperçus que les traitements de chimiothérapie ne marchaient pas, parce que les malades concernés avaient de la rancœur. Donc, avant de faire la chimiothérapie, ils demandèrent aux malades de pardonner. Et ça marchait mieux, pour ceux qui acceptaient ! Beaucoup de dépressions viennent aussi de l'amertume. La blessure a été enfouie ; on croit être passé par dessus. Mais on a un mal de vivre dont on ne connaît pas la cause. On ne sait plus vivre le présent et l'on n'a plus de projets d'avenir. En réalité, ce qui ne va pas, c'est notre blessure non guérie : inconsciemment, notre perception du monde passe toujours par cette blessure. |
Les professionnels qui travaillent sur le pardon se sont aperçus que les personnes blessées qui n'ont pu pardonner sont parfois des personnes "fragmentées". Qu'est-ce que ça signifie ? Lorsque quelqu'un agresse de façon violente une autre personne, cette dernière a très peur (comme dans un viol par exemple). À ce moment-là, il peut se produire un phénomène très curieux qu'on appelle l'identification à l'agresseur. Par ce qui semble être une tentative de survie, lorsqu'une personne a été blessée profondément, elle peut en arriver à s'identifier à l'agresseur. C'est comme s'il "entrait" en elle en quelque sorte. La personne se sent contaminée par l'agresseur, se perçoit comme lui (sale, violent, nul...). Elle devient double, victime et bourreau et continue de s'agresser intérieurement. Lorsqu'elle est fatiguée de s'agresser, elle peut devenir à son tour agresseur d'autres. On a remarqué que les personnes qui violent ou battent des jeunes ont souvent été abusées, elles aussi, dans leur enfance, et elles vont faire sur d'autres ce qu'on leur a fait.
Toutes ces choses (vengeance, ressentiment, dépression...) arrivent lorsqu'on ne fait pas face à notre blessure et qu'on ne la traite pas par le pardon. Mais ce sont des impasses, pas des passages obligés ! Le travail qu'on a à faire c'est d'aller chercher l'agression enfouie en nous, de la guérir et de la transformer. Toi, que vis-tu ? Es-tu heureux(se) ? Ce que le pardon n'est pas
Il est crucial de savoir ce qu'est ou n'est pas le pardon. Il y a tellement d'erreurs ou d'ignorance propagées sur cette question que plusieurs personnes se privent de pardonner ou sont empêchées de donner le pardon parce qu'elles ne comprennent pas sa véritable nature.
* Le pardon n'est pas l'oubli. Souvent les gens disent : "Allez, trace un trait, tourne la page, dans peu de temps tu ne t'en souviendras plus. Ce n'est pas si important. Laisse tomber.". Les professionnels de la psychothérapie savent combien on n'oublie jamais. Les blessures dites "oubliées" ont été enfouies dans l'inconscient et elles continuent de travailler les personnes. On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter. Le pardon ne veut pas dire oublier, mais notre mémoire émotionnelle va se cicatriser. On va se souvenir de l'événement et l'on n'aura plus de ressentiment intérieur. C'est un peu comme une cicatrice dans la chair. Quand on touche une cicatrice, elle ne fait plus mal. C'est ce qui arrive lorsqu'on pardonne : on ne souffre plus. Christ est ressuscité avec la marque des clous dans ses mains. Il ne souffre plus, mais son corps a été marqué à jamais. * Le pardon n'est pas seulement un acte de la volonté. |
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On entend aussi souvent dire : "si tu n'es pas rancunier, tu lui pardonneras tout de suite". Les chrétiens, qui veulent bien faire, croient souvent que cela doit se passer ainsi. Ils culpabilisent quand ils ressentent encore de la colère ou culpabilisent les autres qui ne pardonnent pas instantanément. Mais le pardon n'est pas un acte héroïque de la volonté dans lequel on bride ses émotions. Il engage tout notre être, demande toutes nos facultés : cœur, intelligence, et même notre physiologie. Vouloir brûler les étapes de la gestion des émotions et de la guérison, c'est recoudre une plaie infectée. Elle finira par développer du pus. Il faut prendre le temps nécessaire pour pardonner, il ne faut pas brusquer ce qui se passe en nous. Il faut prendre le temps de guérir. La colère est une émotion saine que Dieu nous a donnée pour être capables de défendre notre intégrité. Ce n'est pas un péché ; c'est la haine qui en est un. Ressentir sa colère fait partie d'une démarche de pardon. La plupart des gens ont peur de passer à l'acte s'ils laissent monter en eux des désirs de vengeance, c'est-à-dire de justice :" je souhaiterais que tu aies mal comme tu m'as fait mal". Mais il y a une grande distinction entre des désirs, des souhaits de justice que la colère manifeste, et passer à l'acte, c'est-à-dire se faire justice soi-même. Il faut prendre une décision dans sa vie, celle de ne pas se venger. Se venger est inutile et dévastateur mais nos goûts de justice, il faut les accueillir intérieurement. Sinon la guérison est impossible. Tant que votre pardon n'arrive pas à une sorte de paix intérieure, de paix émotionnelle, le pardon n'est pas complet. Dans le pardon intégral, il y a un élément de guérison. * Le pardon ne signifie pas excuser. Excuser, cela veut dire qu'on ne tient pas l'offenseur pour responsable de ses actes. Quelqu'un qui nous fait mal involontairement, sans le savoir, n'a pas à nous demander pardon, mais doit nous présenter ses excuses. Mais s'il nous blesse volontairement, il a voulu nous faire mal. Il n'est pas question de l'excuser. On a tendance à excuser l'offenseur en lui trouvant des circonstances atténuantes. On explique son geste ou ses paroles par la connaissance de sa vie. Mais une faute n'est pas excusable, quand bien même on peut l'expliquer. Une faute nécessite le pardon. Dieu se présente à Moïse comme celui qui est miséricordieux, celui qui pardonne, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent (Exode ch. 34 v. 5-7). * Le pardon n'est pas synonyme de réconciliation. Encore une fausse idée ! S'il y a nécessité du pardon, c'est qu'il y a faute, c'est-à-dire rupture de la relation. Or qu'est-ce qui établit et maintient une relation ? La confiance mutuelle. Si la confiance est trahie, elle ne peut revenir par simple décision de la volonté. La confiance se gagne, se mérite, se construit, en l'occurrence doit se reconstruire. Deux amis qui se blessent sévèrement ne peuvent pas décider que tout va continuer comme avant, d'un claquement de doigt. Réconciliation et pardon ne sont pas identiques. La réconciliation est une suite du pardon, à souhaiter, mais ce n'est pas systématique. À la suite d'une blessure, il faut décider : est-ce que je continue cette relation ? Est-ce que je peux l'approfondir ? Sinon, elle s'arrêtera, tout simplement. "S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes", nous dit l'apôtre Paul (Epître aux Romains ch. 12 v. 18). La paix, c'est ne pas se venger (activement ou passivement, cf. Ier article), mais ce n'est pas forcément une amitié. Les hommes souhaitent la paix sur la terre entre les peuples. On entend parler de réconciliation, mais personne ne parle de pardon. Si jamais quelqu'un de courageux ose mentionner le pardon, il en est beaucoup qui l'en empêchent, disant : "tais-toi, ne réveille pas le passé !". Mais les hommes ne parviendront jamais à la réconciliation tant qu'ils ne passeront pas par le pardon et la reconnaissance des souffrances qu'ils se sont infligés les uns aux autres. Il faut que la vérité soit dite. On ne peut pas taire la vérité et vouloir se réconcilier. La réconciliation implique le pardon qui implique la vérité parlée. * Le pardon ne s'impose pas. |
Le pardon est un acte d'amour : "par don". La personne qui pardonne doit demeurer libre de son choix. Obliger quelqu'un à nous pardonner, c'est lui dire : "je veux que tu m'aimes malgré les vacheries que je t'ai faites.". On peut le souhaiter. On ne peut contraindre l'autre à le faire. Sinon ce n'est plus un pardon. On peut commander à quelqu'un des gestes extérieurs, mais on ne peut pas commander l'attitude intérieure. On peut juste l'inspirer par son exemple, on peut la demander (je te demande pardon), mais on ne peut pas l'exiger. Quand le Christ nous demande de nous pardonner, c'est une invitation. C'est comme s'il disait : "Si tu veux être mon disciple, si tu veux être le fils ou la fille du Père, voici comment mon Père fait, voici ses mœurs.". Il nous invite à l'imiter, par amour. "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés " veut dire : "Apprends-nous à pardonner comme toi, tu pardonnes". 95% des chrétiens qui récitent le Notre Père ont l'impression que s'ils pardonnent, Dieu va leur pardonner, alors que c'est l'inverse. C'est plutôt : "Pardonne-nous afin que nous qui sommes en train de pardonner, nous en ayons la force". L'amour de Dieu est premier. Celui qui a connu le pardon de Dieu pour lui, sait pardonner aux autres.
* Le pardon n'est pas une démission de ses droits. Le pardon ne vient pas éliminer la justice. Un voleur pardonné n'est pas dispensé de rendre son bien à autrui. Le pardon n'enlève pas non plus les conséquences d'un acte ou d'une parole malheureuse. Pardonner un meurtrier ne ramène pas à la vie la victime. Le pardon n'est pas un acte de justice. C'est une démarche d'amour pour la réhabilitation de l'offenseur, de son être. C'est le dissocier du mal qui l'habite et qui l'a conduit à mal agir, et ne pas le condamner avec. À la croix, Dieu a condamné le péché qui nous habite. Il a rendu justice. Mais il ne nous a pas condamnés avec. * Le pardon ne change pas l'autre. Quand on pardonne, quelque chose d'extraordinaire se passe, qui fait qu'éventuellement l'offenseur peut prendre conscience de sa conduite et changer de comportement et d'attitude intérieure. Mais on n'a pas de pouvoir sur l'autre. On a le pouvoir sur nous, le pouvoir de nous guérir et celui de nous libérer, d'avoir la paix et le pouvoir de prier pour l'autre personne. Mais il ne faut pas pardonner en pensant que c'est ce qui va faire changer l'autre.
Comment pardonner ?
Pardonner, c'est, selon le dictionnaire, tenir une offense pour non avenue, renoncer à tirer vengeance. Voici 5 étapes claires qui décrivent la démarche à faire pour pardonner vraiment. Tout le monde peut pardonner, mais le croyant reconnaît qu'il y a deux éléments dans le pardon : une part humaine et un don de Dieu. Il va arriver un moment dans la démarche de pardon, où quels que soient nos efforts humains, le pardon va nous venir de Dieu. C'est particulièrement vrai pour les blessures graves et profondes. On a besoin de Dieu. Dieu est toujours prêt à nous pardonner et toujours prêt à nous donner son amour inconditionnel. La difficulté ne vient pas de Dieu, mais elle vient de notre part, de notre incapacité à nous laisser aimer. Comment va-t-on ouvrir notre cœur pour recevoir le pardon de Dieu ?
* 1ère étape : prendre la bonne décision. |
Le pardon ne va pas venir seul. Il faut décider de ne pas prendre le chemin de la vengeance pour régler une situation d'injures, de blessures, de trahison. C'est très important que cette décision soit prise avant que l'offense arrive. Lorsque le mal arrive, si cette décision n'est pas prise, vous allez penser immédiatement à vous venger et vous allez passer à l'acte.
Il est aussi très important d'essayer de faire cesser l'offense. Le pardon est difficile et ne tient pas longtemps tant qu'une personne perpétue son offense sur nous. Il faut décider de discuter avec cette personne pour lui demander de cesser de nous blesser. Cela demande du courage. Souvent certains cachent leur manque de courage derrière la belle façade d'un pardon donné gratuitement. Mais la vérité est que la plupart des gens ne peuvent réellement pardonner dans les conditions d'une offense continuelle. Ils étouffent leurs sentiments parce que ça leur est plus confortable. Faire savoir qu'on est blessé ne veut pas dire se mettre en colère contre l'autre. Jésus-Christ nous montre comment pratiquer la non-violence pour faire face à une injustice qui nous est faite. * 2ème étape : reconnaître qu'on a été blessé. Lorsqu'on a souffert d'une injustice, d'une trahison, lorsqu'on a été insulté, on a parfois tendance à vouloir tout d'abord excuser l'autre, à vouloir oublier ou minimiser la faute. Parfois c'est même l'offensé qui se sent coupable (dans les cas d'abus sexuels d'enfants, ce sont les enfants qui se sentent souvent coupables). Il faut redresser cette situation-là et rentrer en contact avec sa blessure intérieure. Ce n'est pas facile. Nous avons des mécanismes de défense qui nous empêchent de vouloir trop souffrir. On a peur aussi de rencontrer notre colère. On fait toutes sortes de manœuvres pour ne pas entrer en contact avec nos émotions. On essaye d'excuser l'autre, on va lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Beaucoup de gens pardonnent trop vite sans respecter ce qui se passe à l'intérieur d'eux-mêmes. Mais s'il n'y a pas une purgation des différentes émotions (douleur, tristesse, colère, frustration), on ne guérira pas. Pardonner demande du courage. Reconnaître qu'on a été blessé veut aussi dire identifier ce qui a été touché en nous. Ce n'est pas jouer à la victime et se lamenter sur soi-même d'une façon générale. C'est important de savoir exactement ce qu'on a perdu, par rapport à nous et également par rapport à l'autre. Dans tout pardon, il y a un "deuil" à faire par rapport aux attentes que l'on avait vis-à-vis de quelqu'un. Quand on peut ainsi repérer ce qui a été touché en nous (notre honnêteté, notre fidélité, notre compétence...), notre agressivité commence à fondre parce qu'on pensait auparavant que c'était toute notre personnalité qui avait été atteinte. * 3ème étape : dire sa souffrance. Il faut extérioriser sa douleur pour pouvoir en faire quelque chose, la gérer, guérir. Ecrire dans un cahier, parler à quelqu'un de confiance nous libère du poids de la blessure. Attention, il ne s'agit pas de parler pour se venger, dire du mal de l'autre. On a décidé de ne pas se venger. Il s'agit de parler de sa souffrance et de décrire des faits, pas d'interpréter des intentions. Il faut aussi trouver une personne assez mûre pour écouter nos doléances sans que cette personne en vienne à mépriser celui qui nous a fait du mal ni qu'elle aille répandre partout la nouvelle. De cette mauvaise tendance et de la mauvaise compréhension du processus de pardon naît notre solitude. Il y a des personnes qui meurent de ne pas pouvoir parler de leur souffrance, ne pas être capables de s'exprimer. Nous les chrétiens, devrions être capables d'offrir cette écoute compatissante aux autres. Parler à quelqu'un permet d'y voir clair en nous et d'identifier ce qui a été touché. * 4ème étape : recevoir la guérison. Le pardon total n'est pas possible si notre être intérieur n'a pas été guéri. La plupart du temps parler à quelqu'un permet à la guérison de se faire en nous, avec le temps. Nous avons en nous une capacité intérieure réparatrice. |
Pour le croyant, c'est là qu'intervient Dieu. Un ami, un psychothérapeute peuvent nous aider à cheminer vers cette 4ème étape, mais ils ne peuvent nous guérir. Quand la blessure est trop profonde ou très ancienne, le moi intérieur n'a plus la force de réparer les dégâts. Il y a besoin de Dieu. Si vous êtes croyant, si vous croyez à l'Esprit de Jésus, vous allez être capable de demander à l'Esprit-Saint qui est en vous de vous guérir, de vous réunifier, de recoller les morceaux et d'estomper la douleur. C'est là une promesse de Jésus : "L'Esprit du Seigneur l'Eternel est sur moi. Le Seigneur m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux . Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé..." (Evangile de Luc ch.4 v. 16-21).
* 5ème étape : s'ouvrir au pardon. Une fois la guérison enclenchée, on peut dire : "mon cœur est ouvert pour recevoir le don du pardon". En effet, on ne pardonne pas aux autres, on se laisse prendre par le pardon. Le pardon ne nous appartient pas. Le croire fait naître en nous un sentiment de supériorité. Le pardon n'est pas une vertu morale, c'est une vertu théologale. Cela veut dire que c'est Dieu qui nous l'inspire, c'est Dieu qui en est l'agent et c'est Dieu qui en est l'objet. C'est pour cela que lorsqu'on rentre dans une dynamique de pardon, on met sa volonté dans les premières étapes, mais une fois rendu à cette étape finale, il s'agit de devenir accueillant, réceptif à l'amour de Dieu. Cela veut-il dire que si je ne suis pas chrétien je ne suis pas capable de vrai pardon ? Non. La grâce de Dieu n'est pas limitée au christianisme. La grâce de Dieu vient sur toute personne bonne dont le cœur est ouvert. Ce qui est important, c'est de savoir qu'on ne donne pas le pardon, mais qu'on le reçoit. Le vrai moteur pour le pardon, c'est de se savoir aimé profondément, inconditionnellement de Dieu. Si vous vous sentez aimé(e) profondément, vous allez être capable de pardonner. Quelqu'un qui ne se sent pas aimé, peut-il aimer pleinement les autres ? Si vous avez l'impression qu'on ne vous a rien pardonné dans votre vie, allez-vous être capable de pardonner à d'autres ? En même temps, il n'y a rien de plus difficile que de recevoir quelque chose d'une manière gratuite. On a toujours l'arrière-pensée qu'il y aura quelque chose à payer. Quand vous entrez dans le monde du pardon, vous entrez dans un monde d'abondance, de générosité, LA générosité gratuite de Dieu. Il n'y a pas de rationalité possible là-dedans. * après le pardon : que faire de la relation avec l'offenseur ?
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et pour finir, un livre très intéressant sur le sujet



